En phase avec ses programmations de diffusion, vidéo les beaux jours cherche à promouvoir des ateliers vidéo de genre documentaire. Ils consistent à proposer à des groupes de jeunes de réaliser des portraits documentaires de leur quartier, encadrés par un réalisateur professionnel.

Le déroulement des ateliers comprend une initiation au genre documentaire et à la technique vidéo. Le contenu de chaque atelier prévoit une rencontre avec un acteur emblématique du quartier et un responsable local. De cette façon, les jeunes sont amenés à faire part de leur vision et à rencontrer des personnes qui contribuent à la vie et au développement de leur environnement.
Les ateliers se déroulent sur une semaine comprenant un jour de formation au documentaire, trois jours de tournage dans le quartier et un jour de montage.

Cette approche par l’enquête de terrain parait plus que jamais en phase avec les attentes en éducation à l’image : filmer le réel, tenir un point de vue dessus, saisir des situations de vie à la caméra, tâcher de les mettre en récit au montage, autant d’éléments d’une démarche qui permet de reconnaître son environnement, rencontrer ses acteurs, mettre en scène ses activités et ses lieux représentatifs.

 

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Mieux comprendre son environnement, nouer des liens

Aux jeunes publics des quartiers relégués, aux publics empêchés, l’atelier vidéo documentaire peut constituer un double apport d’un point de vue social et culturel :

  • apport réflexif : renouveler son propre regard sur soi et son environnement au moment où il s’agit de lui donner une forme pour le transmettre
  • apport de sociabilisation : mettre à profit le dispositif de tournage pour aller vers les autres, les interroger, les mettre en scène, ouvrir un dialogue. De nombreux participants d’ateliers ont témoigné de leur plaisir à aller au devant des autres, munis d’une caméra et d’un micro-perche, pour les solliciter et engager une conversation. Ils ont ainsi satisfait une attente qu’ils éprouvaient souvent dans l’espace public. Par ailleurs, la fabrication du film pousse à ordonner ses impressions, à prendre conscience des contraintes propres à l’enquête de terrain.

Deux axes de contenus peuvent intégrer l’enquête :
– filmer les acteurs : un artisan, un élu, un entrepreneur, un militant associatif, un agent de service public, un passant, que l’anonymat rend difficile au quotidien. Il s’agit de combiner deux exercices, l’entretien et le portrait, mettre en scène le personnage dans la réalité de son environnement, préparer les questions à lui poser et s’adapter à ses réponses pour poursuivre l’entretien, le montrer dans des situations qui caractérisent son activité, etc..

– filmer les lieux : le local associatif, le bar des habitués, les bureaux de l’entreprise, la boutique, l’atelier de l’artisan… Faire vivre le lieu à l’image, l’animer par l’activité ou insister sur la réalité de son aspect architectural en profitant d’un moment où il est désert…

 

Faire et découvrir des films

Les ateliers ouvrent ainsi à des séquences théoriques qui permettent de se nourrir d’exemples puisées dans l’histoire du genre documentaire. Regarder les œuvres de Jean Rouch ou d’Alain Cavalier dans ce cadre, c’est étudier leurs œuvres dans l’objectif de s’en inspirer, de situer ses orientations de réalisation en tenant compte d’expériences fondatrices.

Inscrire ses images dans un territoire

Le principe de filmer son quartier invite à mener une réflexion géographique : un quartier est-il un monde en soi ? En quoi raccorde-t-il avec les autres ? Combien de manières de présenter un territoire ? L’idéal serait de couvrir filmiquement le territoire régional…
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